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[Technique Acer buergerianulm]

Autogreffe

d’un Acer buergerianum

par traversement du tronc

(Erable de Buerger ou Trident)




L'Acer buergerianum de cet article provient d'un marcottage effectué sur une souche d'un arbre acheté un an auparavant chez un pépiniériste spécialisé.

La marcotte sevrée n'avait pas plus d'1 cm de diamètre.

Pour "créer le tronc", j'ai laissé pousser l'arbre librement à plusieurs reprises, et l'ai sabré régulièrement afin d'obtenir conicité et mouvement dans les trois dimensions. La Photo 1 de décembre 2004 indique les hauteurs de sabrages successives.

Lors du rempotage dans un pot correct (un peu plus grand cependant que le pot final actuel) en mars 2006, j'ai coupé quasiment toutes les branches. Les deux dernières cicatrices - non visibles sur la Photo 2 - n'étaient pas encore totalement refermées.



Vigueur du buergerianum


A noter que l'Acer buergerianum est un arbre particulièrement vigoureux. Lors de la première année de la plantation de la souche dans un grand pot de culture, l'arbre a émis des pousses de plus de 1m50 de long ! Lorsque l'on crée un tronc de toute pièce, il faut laisser pousser librement l'arbre, le sabrer à la hauteur voulue, et le laisser repousser une année entière sans toucher à la branche qui va assurer la continuité du tronc (sauf peut-être en la ligaturant délicatement). Toutes les autres branches devront être enlevées assez rapidement, car, vu la vigueur de cette espèce, elles vont grossir assez vite et il restera des cicatrices qu'il faudra refermer ensuite. On peut bien sûr laisser une tige supplémentaire de secours au cas où la première serait accidentellement endommagée (ne pas trop tarder à la supprimer, car elle produira elle-même une cicatrice proche de la cicatrice principale issue du sabrage). Le moignon du sabrage ne sera réduit que l'hiver suivant en rognant un maximun sur le tronc, car cet érable forme des cals cicatriciels particulièrement proéminents.



Plaque de culture du nebari (pain de racines)


La photo 3 montre la plaque qui est restée dans la motte pendant toute la durée de la culture pour favoriser le développement des racines horizontales qui serviront à obtenir un nebari (paquet de racines) étalé. Cet étalement des racines sera particulièrement intéressant lorsque l'on rempotera l'arbre dans une coupe très plate.



Greffe


La flèche de la Photo 2 montre une courbe qui ne possède pas de branche. Acer buergerianum et Acer palmatum possèdent une particularité extrêmement déplaisante pour les bonsaïstes. En effet, ces deux espèces ne produisent jamais de bourgeons entre deux noeuds, même sur du vieux bois (d'après mon expérience et sauf erreur de ma part). Pratiquer une greffe est la seule solution pour obtenir une branche à un endroit important comme une courbe principale.

Pour  éviter de greffer une branche passant sur le côté du tronc (fragilité et cicatrice voyante), j'ai eu envie de pratiquer la technique qui consiste à percer l'arbre de part en part à l'endroit voulu et à insérer une branche préalablement travaillée dans ce sens. Il faut préciser - pour les néophytes - que percer un arbre d'un trou de cette taille ne compromet en rien sa survie. Seule une petite épaisseur de l'écorce - 3 à 5 mm - sert au passage des sèves montante et descendante. Le reste du bois est composé de cellules mortes seulement utiles à la structure de l'arbre.

N'ayant pas d'autre arbre de la même espèce sous la main, j'ai choisi de pratiquer l'autogreffe. L'année précédant la greffe, j'ai préparé deux branches (une de secours, au cas où la première se casserait) en les laissant pousser et en les ligaturant de manière à ce qu'elles soient bien positionnées pour pouvoir être enfilées dans le futur trou du tronc : Photo 4. J'ai ligaturé les branches suffisamment tôt, car le bois du buergerianum est particulièrement cassant.

La greffe a été pratiquée en février 2007 : Photos 4 à 7. Après avoir pratiqué un trou de diamètre légèrement supérieur au diamètre de la branche à greffer, j'ai inséré celle-ci dans le tronc en positionnant des bourgeons dormants 5 à 10 mm après la sortie : Photo 6. La branche ayant poussé rapidement l'année précédente sans avoir été taillée pour gagner en diamètre, les entre-noeuds étaient très éloignés les uns des autres. Pour  former une ramification près du tronc, j'ai donc positionné très près de celui-ci des bourgeons dormants pour pouvoir être sùr de reformer une branche en contrôlant (par la taille) la longueur des entre-noeuds.

J'ai appliqué du mastic "Lac Balsam" à l'entrée et à la sortie de la branche greffèe et j'ai ligaturé celle-ci pour la maintenir et contrôler sa position : Photo 6.

Ramification de la branche greffée


Quand l'arbre a démarré au printemps 2007, j'ai coupé la branche greffée un entre-noeud après celui indiqué Photo 6. Deux bourgeons ont éclos - un à chaque entre-noeud existant - et ont donné deux nouvelles branches : Photo 8. Je n'ai gardé que la branche la plus basse émise par l'entre-noeud le plus près du tronc, car elle possède elle-même un entre-noeud très près de sa base et, de surcroît, sa légère orientation vers la bas est correcte.

La partie arrière de la branche greffée a émis des repousses qui ont été supprimées systématiquement : Photo 9. Toute l'énergie est donc allée à la "partie utile" de cette branche greffée.

La vigueur de cette espèce est importante ; on voit sur la Photo 10 qu'en octobre la cicatrice de la branche éliminé est déjà refermée et que la branche restante a acquis un diamètre important en 4 mois seulement. Elle n'a bien sûr pas été taillée durant cette période.


Le printemps suivant, j'ai taillé la nouvelle branche immédiatement après le premier entre-noeud, pour la faire se diviser près de la sortie du tronc et pour, de surcroît, obtenir ainsi de la conicité : Photo 11.

En avril, deux nouvelles branches - dites secondaires - ont été émises. Dès qu'elles ont eu un diamètre suffisant, elles ont été positionnées grâce au ligaturage : Photos 12 et 13. Il faut ligaturer ces nouvelles branches et les mettre en place assez rapidement avant que celles-ci ne deviennent ligneuses, et donc cassantes, lors du pliage.

Sur la Photo 12, on peut observer que le moignon restant de la coupe de la branche primaire n'est pas coupé à ras à cause du "retrait de sève" (que la double flèche désigne ici dans le coin gauche sur cette même photo : partie plus claire en bout de moignon).

Le moignon a été recoupé plus tard à ras quand le diamètre des branches secondaires a été jugé suffisant.


La suite de la ramification est identique à ce qui vient d'être décrit :


            @ Quand la tige est d'un diamètre suffisant, on taille la branche après l'entre-noeud d'où l'on veut voir sortir de nouvelles branches (attention au retrait de sève).

            @ Quand les nouvelles branches sont assez importantes, on réduit le moignon et on taille aux nouveaux entre-noeuds...

            

Sur un buergerianum, cette technique simple peut se répéter de mars à septembre. Passé cette période, les bourgeons ne se développeront que l'année suivante.

Les nouvelles branches qui devront être retaillées seront pincées si l'on veut bien sûr obtenir des entre-noeuds courts. Mais dès que les entre-noeuds souhaités seront présents là où l'on souhaite, les branches pourront être laissées libres, sans taille, pour gagner en diamètre si cela est nécessaire.

Il faut, bien sûr, à un moment donné, sélectionner les branches qui repoussent. On ne peut garder toutes les ramifications. Il faut sélectionner les nouvelles pousses en fonction de la taille et de la forme générale de la branche (éviter les entrecroisements, etc.).


Cette technique est bien sûr applicable à d'autres espèces. Mais il est à noter que l'Acer buergerianum remplace ses branches taillées à une vitesse impressionnante.


Les Photos 14 à 18 suivantes illustrent la continuité de cette technique.

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- Greffe de branches sur Acer Buergerieanum

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1 - Décembre 2004

L'arbre est planté dans une grande caisse.

Les flèches indiquent les différents sabrages pratiqués pour obtenir de la conicité et du mouvement.

2 - Mars 2006

Rempotage et taille de presque toutes les branches. La flèche indique une courbe importante du tronc qui ne possède pas de branche.

3 - Mars 2006

Une plaque de plastique épais sous le nebari force les racines à pousser horizontalement.

8 - Juin 2007

Deux nouvelles branches.

4 - Février 2007

C'est la branche ligaturée la plus basse qui va être utilisée.

  

Autogreffe :

Technique qui consiste à greffer  la branche d'un arbre sur une autre partie de lui-même. Plusieurs avantages à cette technique : d'abord, il n'est pas nécessaire d'assurer de fixation, car la branche tient déjà à l'arbre ; ensuite, la branche

greffée aura un comportement semblable au reste de l'arbre, puisqu'elle est génétiquement identique.

5 - Février 2007

La branche a été greffée et traverse maintenant le tronc.

6 - Février 2007

Ligaturage de la branche à la sortie du tronc.

7 - Février 2007

Vue générale de la greffe achevée.

9 - Juin 2007

Vue arrière de la branche greffée. Cette partie sera supprimée ultérieurement.

10 - Octobre 2007

En 4 mois, la branche restante s'est bien développée. On peut voir la cicatrice - déjà refermée ! - de la branche éliminée à sa base.

Octobre 2007

Nebari de l'arbre à cette époque.

11 - Mars 2008

Taille de la branche greffée juste après l'entre-noeud intéressant.

Conicité :

La conicité d'un tronc (ou d'une branche) est réalisée quand, depuis la base jusqu'à la cime, le diamètre du tronc (ou des branches) va en diminuant.

12 et 13 - Avril 2008

Les deux nouvelles branches secondaires sont positionnées grâce au ligaturage.

Retrait de sève :

Un retrait de sève se produit sur la coupe des troncs ou branches de certains arbres.

Lors d'une coupe, le bout restant se dessèche sur une petite partie, mettant alors en péril les bourgeons (dormants ou existants) ou les branches existantes si celles-ci sont situées trop près de la coupe.

Août 2008

 

Décembre 2008

Cicatrice de la coupe de la branche greffée (entrée de celle-ci, à l'arrière du tronc).

14 - Mai 2008

Les deux branches secondaires ont été taillées.

15 - Juin 2008

Repousse.

16 - Septembre 2008

Repousse des branches tertiaires !

17 et 18 - Décembre 2008

Etat de la ramification en décembre.

Mars 2008

Pain de racine au moment du rempotage.

10 b - Octobre 2007

Pour augmenter la vitesse de croissance de la branche, il faut redresser le bout de celle-ci.

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