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LA NATURE

Dans la nature, les déchets n’existent pas ! Le recyclage encore moins, car, s’il y a recyclage, c’est que quelque chose est sorti du cycle. Recycler veut dire remettre dans le cycle ! Or, dans la nature, rien ne sort des cycles naturels.

On peut considérer que les feuilles et le bois qui tombent des arbres dans une forêt sont des matériaux secondaires. Ces matériaux nous paraissent bien moins importants que les arbres qui « font » la forêt. Mais, sans ces feuilles et ce bois, sans les organismes vivants qui vont dégrader ces matières organiques en humus, la forêt n’existerait tout simplement pas !

La forêt est un tout, les arbres, le sol, le sous-sol, l’atmosphère et les êtres vivants font partie intégrante de ce que l’on peut appeler l’ « écosystème forêt ». Nous sommes habitués à dissocier, analyser, séparer pour mieux comprendre les phénomènes naturels, mais, ce faisant, nous ne voyons plus la réalité de la nature telle qu’elle est. Nous ne voyons plus la complexité des interactions entre les divers composants de celle-ci.


L’AGRICULTURE

L’agriculture dite moderne a simplifié à outrance les techniques de production industrielle de la nourriture. La science agronomique de laboratoire a considéré que le sol n’était qu’un support stérile. A partir de cette « idéologie » tout ce qui en découle ne fait que créer des problèmes. En essayant de résoudre ces problèmes, l’agronomie ne fait qu’en créer de nouveaux. C’est une histoire sans fin où, pour compenser la faiblesse de ces plantes qui poussent en monoculture, l’agronomie développe des produits chimiques - engrais, biocides (insecticides, fongicides, herbicides, etc.) - et des OGM. On parle de rendement - qui chutent au demeurant - mais jamais de qualité !

On développe des espèces en maraîchage ou en agriculture qui résistent au transport et qui sont esthétiquement correctes ! Belle sélection ! Toutes les variétés existantes (celles qui n’ont pas encore été éliminées !) ont été sélectionnées et adaptées depuis plus de 6 000 ans ; l’agronomie actuelle, si performante pour créer des problèmes, n’a domestiqué aucune nouvelle espèce !!!

La monoculture de certaines espèces est pratiquée partout dans le monde sans discernement ! Quels que soient le climat ou le sol, la plante doit pousser, même si le gaspillage en eau et en engrais chimique est phénoménal. Le rendement énergétique (pétrochimie vers engrais) est ridiculement bas ; oui, mais voilà, le pétrole coule à flot et n’est pas cher… Pour l’instant…

Les sols du monde sont lessivés de leur minéraux et se dégradent de plus en plus. Les ressources pétrolifères dont sont tirés les intrants chimiques ne sont pas inépuisables. La pollution des sols, des nappes phréatiques, des cours d’eau et de nos corps due aux produits chimiques ne cesse d’augmenter.


LA PERMACULTURE

La permaculture est une philosophie qui renoue avec la nature, le vivant et la bio-diversité. Elle agit avec la nature et non contre elle. Elle observe les écosystèmes et les recrée en essayant d’intégrer le maximun de complexité. L’observation est la qualité maîtresse de cette « science ». L’intuition et la créativité ont leur place, leur juste place serais-je tenté de dire. Rabelais a dit « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » ; cela n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui dans notre monde si déshumanisé. L’expérimentation est le moteur de cette « nouvelle » discipline. La permaculture agit dans des domaines aussi variés que l’agriculture, le maraîchage, l’architecture, le développement personnel, etc.

Certains - méconnaissant le sujet - agitent les vieilles peurs, antiprogressisme, retour au Moyen Âge, impossibilité de nourrir la planète, etc. Quand ce qu’on appelle le progrès consiste à utiliser des pratiques irresponsables qui hypothèquent le futur, alors le progrès n’est peut-être pas où l’on pense. Quand au fameux retour au Moyen Âge, il suffit d’observer sur quoi s’appuient les techniques permaculturelles ; on constate alors que les connaissances qui sont indispensables pour travailler sur un « design » doivent être colossales ! Connaissances que n’avaient pas - loin s’en faut - les paysans du Moyen Âge. Les applications permaculturelles n’arriveraient pas à nourrir la planète ? Mais l’agriculture actuelle y arrive-t-elle ? La réponse est non ! De plus, ce sont dans les zones les plus défavorisées que la permaculture est la plus efficace et la plus rapide à mettre en œuvre…

Une chose me fascine quand des personnes me disent que « revenir en arrière » est impossible… Quand vous êtes en voiture dans une impasse, que faites-vous ? Vous imagineriez-vous un instant aller tout droit foncer dans un mur ? Oui, je suppose, si vous n’arriviez pas à être conscient que justement vous êtes dans une impasse… Faire croire aux populations qu’il n’y a pas d’autre issue que la voie dans laquelle nous sommes engagés est particulièrement irresponsable, même si, bien sûr, nous savons par ailleurs que les profits colossaux engrangés par les multinationales de l’agro-chimique ont quelque chose à voir avec cet état de fait…


LES BUTTES DE CULTURE

Les buttes de culture que je mets en œuvre et qui sont décrites sur ce site permettent de cultiver des fruits et des légumes sans aucun intrant chimique. Ici donc, aucun herbicide, hélicide, fongicide, pesticide, insecticide et autres termes se terminant en -cide (« tuer » en latin). Pas d’engrais chimique ni même organique acheté. L’apport de terre provient du sol d’origine, de sol de champs, et de terreau de feuilles. Ensuite, l’apport de matière organique (feuilles, broyat de branches, taille d’arbuste, divers résidus organiques de végétaux, etc.) se fait en surface pour fournir de la nourriture aux divers êtres vivant dans la litière des buttes.

Ainsi, la litière se décompose naturellement grâce à l’action des micro-organismes, des crustacés (cloportes, par exemple), des vers de terre, des champignons et d’une grande quantité d’autres insectes. Les différents éléments de l’humus ainsi créé vont être absorbés par les racines des plantes poussant dans les buttes. Les filaments des champignons en symbiose (complexe ectomycorhizien) avec les racines vont aussi entrer en action pour aider les racines des plantes à absorber des nutriments autrement inexploitables par leur physiologie. En retour, les racines font bénéficier les champignons de sucres qu’ils ne peuvent fabriquer.

Les vers de terre vont travailler la terre des buttes dans tous les sens, créant verticalement et horizontalement les galeries qui vont être utilisées par les racines des plantes et qui vont permettre à l’eau de pluie de s’infiltrer facilement. Donc le travail mécanique réalisé par un bêchage ou par un motoculteur devient inutile.

Un gramme de terre riche peut contenir plus d’un milliard de micro-organismes…

Toute cette vie, niée en grande partie par l’agronomie actuelle, permet de cultiver sans rajouter de pétrochimie polluante, et ce même à une échelle mondiale… Mais ce n’est pas l’avis des personnes qui profitent financièrement de la manne pétrolifère et de ses dérivés et qui exercent un lobbying colossal sur les politiques à tous les niveaux…

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Nature, agriculture, permaculture et lobbying…